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Dix ans après... Où en sont les radios discount ?

Un extrait d’un article de libé en 2010 : Enquête Voice track : la radio en boîte Conserves . Dans toute la France, des stations ont recours à des programmes préenregistrés. Au risque de perdre l’authenticité d’animateurs du cru. Par Isabelle Hanne publié le 15 juillet 2010 à 0h00 Sylvain Knidler est animateur radio. Jusqu'ici, tout va bien. Sauf qu'il travaille pour une trentaine de stations francophones, et que son studio trône en plein milieu de son appartement parisien : deux ordis, des micros, des casques et des tables de mixage. Sylvain Knidler est ce qu'on appelle un voice tracker. Comprendre : un sous-traitant de l'animation. Lui préfère «animateur pigiste». Depuis son domicile, il anime des radios normandes, iséroises, sarthoises… Uniquement des musicales, en majorité des indépendantes et commerciales, quelques associatives, et des franchises de réseaux nationaux. Il n'en dira pas plus : «Du côté des radios, le "voice track" est assez tabou. Car quelque part, la radio ment à l'auditeur, en lui faisant croire que l'animateur est en direct et sur place, en studio.» Les offres de sa société VT Consult vont du speak - rappel de la fréquence, une info et lancement du morceau suivant - jusqu'à des émissions clé en main. La radio cliente, elle, fournit habillage et musique. L'intervention est ensuite envoyée par Internet sur un serveur et insérée entre deux morceaux par la station. Salarié en FM pendant cinq ans, Sylvain s'est lancé dans le voice track, littéralement «une piste pour la voix», en 2003. Il dirige sa société depuis 2007, et fait travailler une dizaine de petits prestataires un peu partout dans l'Hexagone. Home studio. Débit rapide et enjoué, diction impeccable, Sylvain met en boîte ses speaks à la chaîne : «Ce matin, j'ai enregistré 200 interventions.» Soit quarante heures de flux en tout, pour plusieurs radios. Productif… Il ne prépare jamais ses textes («c'est de l'impro totale !») et s'il bute sur un mot, il recommence. Sylvain bosse pour des stations très différentes : «On fait presque un métier d'acteur. Pour une radio avec un public senior, ce n'est pas le même vocabulaire ni le même ton que pour une radio jeune avec une programmation dance. Ça casse le côté routine.» Sur le marché du voice track, il existe une poignée de sociétés comparables, et des dizaines de prestataires. A l'instar de Sébastien Dumarchat, ex-animateur d'une locale et voice tracker indépendant depuis un an. De son home studio du Sud-Ouest, il travaille pour des commerciales et des associatives, et considère qu'il fait le même travail qu'un animateur lambda. «La plupart des voice trackers essayent d'amener un contenu personnalisé et rédactionnel.» Avec de l'info locale, parce que ces radios sont tenues d'en faire par le CSA. L'animation d'un grand nombre de petites musicales est donc assurée par des voix préenregistrées, sans le frisson du direct. L'auditeur est persuadé qu'il écoute un animateur du cru, alors qu'il habite à 500 bornes et n'a…
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