J’attendais avec impatience la nouvelle équipe de la matinale de France Inter, avec l’espoir naïf — manifestement un peu trop optimiste — que B. Duhamel serait enfin remplacé par un journaliste moins bavard, capable de poser une question… puis de laisser l’invité y répondre.
J’espérais un journaliste percutant sans avoir besoin de s’approprier l’antenne, quelqu’un qui comprenne que, dans une interview, ce sont tout de même les invités que l’on est venus écouter. Apparemment, ce principe relève désormais de la théorie.
Quelle déception ce matin ! Nous voilà repartis pour une année d’interruptions à répétition, de réponses coupées en plein vol et d’auditeurs condamnés à deviner la fin des phrases. À croire que laisser un invité développer une idée est devenu un luxe radiophonique.
Le plus frustrant, c’est que l’on aimerait simplement entendre les réponses en entier. Une question, une réponse : concept révolutionnaire, semble-t-il. Mais non, il faut intervenir, relancer, couper, préciser, commenter… bref, parler encore et toujours, jusqu’à ce que l’invité n’ait plus le temps d’aller au bout de la moindre idée.