L'auditeur etait au coeur d'un beau discours : que n'aurait-on pas fait pour lui ?
La question prend son sens : en depit de cette volonté à vouloir l'auditeur au coeur de tout, il a été perdu.
Et si tout simplement, on n'avait rien à dire à cet auditeur : intérêt qu'il soit au coeur si la conversation est absente ?
Lors de la libération de la FM, on a entendu beaucoup de gens causer dans le poste... à leurs copains... qui étaient souvent leurs seuls auditeurs ! On fait de la radio pour soi-même et ses potes !
Et puis c'est devenu plus pro. C'est vrai, on ne fait pas de la radio pour causer à ses potes, mais pour les auditeurs, pour un public large ! Large comme le "broad" de "broadcasting". Ça peut donner des radios intéressantes. Bien fichues, agréables à écouter, tout en restant humaines.
Et puis c'est devenu vraiment très pro. Carré. Très carré. L'auditeur devient un objet statistique. Dans les grands groupes, ils font de la radio pour des "concepts d'auditeurs", des "cibles marketing". Faire de la radio que l'on ne peut pas soi-même écouter, mais c'est pas grave, c'est pour les auditeurs. Après tout, est-ce que les fabricants d'aliments pour bétail goutent leurs produits ?
La grosse erreur, pour certains dirigeants de radios, est de vouloir se dissocier de l'auditeur. De considérer comme "contraire au professionnalisme" de faire un produit qui peut leur plaire, à eux, qui "fabriquent" la radio. Après tout, si la radio que je contribue à fabriquer me plait, elle devrait pouvoir aussi trouver son public ! Mais non, le principe, ce n'est pas ça. Il faut nourrir le bétail. Pour pas cher. Au risque de provoquer une crise sanitaire ?? La vache est-elle curieuse et libre d'aller se nourrir ailleurs avant de devenir folle ?
Ensuite, faut-il proposer à l'auditeur systématiquement ce qu'il attend ? Et d'ailleurs, sait-on vraiment ce qu'il attend ? Ou ne faut-il pas apporter du nouveau, de l'imprévu, être force de proposition, et pas uniquement statisticien prêt à diffuser massivement "ce qui teste le mieux" ?
La majorité des auditeurs écoute la radio, et ne recherche pas la conversation. Ils n'ont pas forcément de questions, ce qui n'empêche pas d'avoir une forme d'appétit ! Mais effectivement, encore faut-il qu'il y ait un peu de qualité dans ce qui est proposé à l'écoute !
D'une certaine facon, on faisait de la radio pour les auditeurs : un cercle restreint mais qui pouvait s'elargir; c'est pas si con comme methode quand on part de pas grand chose.
Le 27/08/2019 à 14:20, Ben a dit :Et puis c'est devenu plus pro. C'est vrai, on ne fait pas de la radio pour causer à ses potes, mais pour les auditeurs, pour un public large ! Large comme le "broad" de "broadcasting". Ça peut donner des radios intéressantes. Bien fichues, agréables à écouter, tout en restant humaines.
Et puis c'est devenu vraiment très pro. Carré. Très carré. L'auditeur devient un objet statistique. Dans les grands groupes, ils font de la radio pour des "concepts d'auditeurs", des "cibles marketing". Faire de la radio que l'on ne peut pas soi-même écouter, mais c'est pas grave, c'est pour les auditeurs. Après tout, est-ce que les fabricants d'aliments pour bétail goutent leurs produits ?
Disons qu'à force de faire de la radio pour les copains, le cercle s'est agrandi et certains ont pris des mesures pour ne plus le faire : à tort car on mettait court à ce qui avait fait le succès de la radio.
En revanche, tout n'est pas dans les stats : quand le niveau d'audience des radios est bas, il est bon de faire ce que personne ne fait. Ca vous demarque des autres.
Je connais des radios qui avaient ce discours et doivent déchanter avec leur point d'audience en agglo : presque 10 ans de perdus !
Le 27/08/2019 à 14:20, Ben a dit :Ensuite, faut-il proposer à l'auditeur systématiquement ce qu'il attend ? Et d'ailleurs, sait-on vraiment ce qu'il attend ? Ou ne faut-il pas apporter du nouveau, de l'imprévu, être force de proposition, et pas uniquement statisticien prêt à diffuser massivement "ce qui teste le mieux" ?
Si tout le monde connait la recette et sait ce qu'attend l'auditeur, ca nous donne des programmes banalisés qui ne vont pas se demarquer.
La radio, c'est aussi une forme de "trading" : quand on joue, on contribue à faire monter.
Exact.
Le 27/08/2019 à 14:20, Ben a dit :Lors de la libération de la FM, on a entendu beaucoup de gens causer dans le poste... à leurs copains... qui étaient souvent leurs seuls auditeurs ! On fait de la radio pour soi-même et ses potes !
Et puis c'est devenu plus pro. C'est vrai, on ne fait pas de la radio pour causer à ses potes, mais pour les auditeurs, pour un public large ! Large comme le "broad" de "broadcasting". Ça peut donner des radios intéressantes. Bien fichues, agréables à écouter, tout en restant humaines.
Et puis c'est devenu vraiment très pro. Carré. Très carré. L'auditeur devient un objet statistique. Dans les grands groupes, ils font de la radio pour des "concepts d'auditeurs", des "cibles marketing". Faire de la radio que l'on ne peut pas soi-même écouter, mais c'est pas grave, c'est pour les auditeurs. Après tout, est-ce que les fabricants d'aliments pour bétail goutent leurs produits ?
La grosse erreur, pour certains dirigeants de radios, est de vouloir se dissocier de l'auditeur. De considérer comme "contraire au professionnalisme" de faire un produit qui peut leur plaire, à eux, qui "fabriquent" la radio. Après tout, si la radio que je contribue à fabriquer me plait, elle devrait pouvoir aussi trouver son public ! Mais non, le principe, ce n'est pas ça. Il faut nourrir le bétail. Pour pas cher. Au risque de provoquer une crise sanitaire ?? La vache est-elle curieuse et libre d'aller se nourrir ailleurs avant de devenir folle ?
Ensuite, faut-il proposer à l'auditeur systématiquement ce qu'il attend ? Et d'ailleurs, sait-on vraiment ce qu'il attend ? Ou ne faut-il pas apporter du nouveau, de l'imprévu, être force de proposition, et pas uniquement statisticien prêt à diffuser massivement "ce qui teste le mieux" ?
La majorité des auditeurs écoute la radio, et ne recherche pas la conversation. Ils n'ont pas forcément de questions, ce qui n'empêche pas d'avoir une forme d'appétit ! Mais effectivement, encore faut-il qu'il y ait un peu de qualité dans ce qui est proposé à l'écoute !
Oui.