Les assassins des radios libres habitent ils au CSA ?
Depuis quelques semaines, le CSA commence à distiller ses décisions à propos des autorisations d’émettre en DAB+, nouveau format censé remplacer la FM à moyen terme.
Les radios associatives, dont une organisation syndicale a milité pour (SNRL), viennent seulement d’en comprendre les réels enjeux, notamment en termes de liberté et de moyens financiers. Voila qui éclaire sur leur aveuglement et leurs compétences ...
En effet, les radios associatives ont été largement laissées pour compte dans une distribution qui favorise à outrance le secteur marchand.
Le fameux syndicat porte une lourde responsabilité dans ce fiasco. Ils a, depuis des années, poussé le CSA dans le sens du DAB+ sans même réfléchir un instant aux conséquences pour les radios associatives, financièrement à bout, et qui se trouvent ainsi devoir faire face aux coûts supplémentaires d’un nouveau système d’émission tout en gardant l’ancien (la FM) pendant encore plusieurs années. Chaque radio devra ainsi payer au minimum 650 € par mois pour émettre en DAB+.
Les plus fragiles, les radios en milieu rural, seront les premières à disparaître. Elles sont pourtant essentielles dans la vie de nos régions. Mais qui se soucie aujourd’hui de la ruralité ?
Nous assistons ainsi à une mort programmée des véritables radios libres de proximité du fait même du CSA qui a pour mission d’assurer leur protection, leur existence et la pluralité des opérateurs. C’est ce que dit la loi de 1986.
Les rares radios qui pourront survivre seront gérées par des intérêts politiques ou commerciaux avoués ou déguisés. Le CSA ne peut pas l’ignorer et s’en trouve donc complice.
Tout ceci relève d’une gestion ubuesque puisque les radios vont devoir émettre en DAB+ alors qu’il n’existe que très peu de récepteurs dans le public.
Il faut savoir que les foyers français possèdent en moyenne 6 récepteurs chacun et que ceux ci seront bons à mettre à la poubelle.
Le CSA sait-il que la période est difficile et que la plupart des foyers n’ont pas les moyens d’accéder aux nouveaux appareils, dont le prix est relativement élevé. Manifestement l’information n’est pas parvenue jusqu’à lui !
Malgré les promesses et les mensonges des défenseurs du DAB+, la réalité apparaît aujourd’hui clairement et brutalement : c’est la mort programmée pour les radios associatives.
Bien sur, il n’y a pas que des victimes. Les radios marchandes, les faiseurs de fric et les réseaux vont pouvoir s’étendre encore en récupérant les fréquences des radios disparues. Il n’y a pas de petits bénéfices.
Bonne affaire aussi pour les propriétaires des nouveaux émetteurs DAB+ (TDF, TOWERCAST, etc.).
En fait, la liberté d’émission, dans le cas du DAB+ n’existe plus puisque confiée à des « opérateurs » à qui il suffit d’appuyer sur le bouton pour faire taire la radio qui dérange ou qui déplaît.
Si l’on y ajoute le projet d’extinction de la FM dans quelques d’années, RIP pour les radios A !
Techniquement la FM fonctionne très bien, pour pas cher, et le DAB+ n’apporte strictement rien, ni meilleure qualité sonore (un mirage défendu par des incompétents ou des ignorants) ni en nombre de radios au vu de la taille des multiplex (technique prévoyant plusieurs radios sur la même fréquence).
Le renouveau des radios résidera dans les contenus. Pas dans une technique déjà ringardisée par les évolutions profondes et rapides notamment liées au satellite, à Internet et la radio sur IP ou à la 5G. En fait, il est urgent d’attendre que la situation se décante un peu et pas de se jeter aveuglément dans une technique qui sera très rapidement obsolète : il faudra tout recommencer. A quel prix ?
Trouver de nouveaux financements et professionnaliser les radios associatives, notamment par la formation, devrait être l’objectif pour les prochaines années.
Qui a dit « C..s de technocrates » ?
Merci au CSA !
Ca existe les gilets jaunes radiophoniques ?
Sinon il va falloir les inventer...