Il y a eu effectivement pendant longtemps des "LS" analogiques (parfois appelées "liaisons radio" ou "liaisons 15K"). Sur des distances courtes, c'était des paires de cuivre de bout en bout, avec un égaliseur spécial à l'arrivée. Sur les longues distances, il fallait des égaliseurs intermédiaires. En mono ça marchait bien si c'était bien installé et bien réglé, mais en stéréo, il fallait évidement deux lignes (qui ne passaient pas toujours par le même chemin), et bien souvent, les deux canaux n'étaient pas égalisés d'une manière rigoureusement identique, et le résultat laissait à désirer.
Dans les années 80, développement de Transpac/Transfix, pour les liaisons data (réseau X25, définitivement fermé il y a deux ans). Ces solutions étaient principalement utilisées pour les interconnexions de systèmes informatiques dans les grandes entreprises, et étaient facturées (assez cher) en fonction du débit.
Fin des années 80, aboutissement des premières recherches sur la compression audio basée sur les effets de masquage psychoacoustique, dans le cadre du projet européen de radio numérique (DAB "Eurêka 147"). D'abord appelé "Musicam" puis MPEG Audio, l'algo permet de passer de l'audio en stéréo avec une bande passante de 15 à 20 KHz (selon échantillonnage) dans un débit de 256KB/s. Parmi les premières applications commerciales de ces algos de compression, on trouve les cartes Digigram et les codecs AETA Hifiscoop (fin 80 début 90).
France Telecom décide alors de proposer des LS numériques basées sur les lignes data Transfix à 128 (mono) ou 256KB/s (stéréo), avec un Hifiscoop à chaque bout. Progressivement, ils augmentent les tarifs des "vieilles" liaisons analogiques pour forcer les clients à passer en numérique. Vers le début des années 2000, suppression totale des liaisons analogiques 15K. Vers le milieu des années 2000, début des augmentations sévères de tarifs des liaisons transfix pour forcer les clients à migrer vers d'autres solutions (avec comme objectif de fermer le réseau X25). Aujourd'hui, plus de X25, plus de liaisons analogiques, on peut faire de l'IP sur Internet "public" ou VPN, ou prendre une liaison dédiée en ATM.
Pour en revenir à la question initiale, il y avait donc la possibilité d'égaliser ces vieilles liaisons "cuivre", car celles-ci étaient effectivement capables de passer des fréquences hautes (on le voit aujourd'hui avec ce que font les modem ADSL utilisant de simples paires de cuivre).
Aujourd'hui la téléphonie est entièrement numérique, avec une bande-passante audio limitée par les procédés de numérisation et compression utilisés. En gros, la téléphonie est strictement limitée à 3-4 KHz dans les cas les plus fréquents, à 7KHz dans les cas les plus favorables (G722). Tu auras beau essayer d'égaliser pour remettre un peu d'aigus, ça ne servira à rien puisque l'information a été perdue à l'encodage !